Recrutement : comment dire « non » ?
Après quelques mois de recherche d’emplois et malgré une opération médiatiquement réussie, j’ai acquis une certaine « expertise » des réponses aux candidatures (je parle bien des candidatures et non pas d’offres d’emplois).
Plutôt que de se morfondre et de se plaindre (ceux qui me connaissent ou lisent, savent que ce n’est pas ma tasse de thé), j’ai préféré en faire une brève analyse.
Les entreprises, chacun le sait, utilisent le recrutement comme un outil de communication destiné tout à la fois à annoncer au marché qu’elles sont en bonne santé (puisqu’elles recrutent) et aux candidats potentiels susceptibles de les rejoindre aujourd’hui ou demain. Hélas, il semblerait que parmi elles, toutes n’est pas intégrée la réponse négative dans leur process de recrutement et donc, dans celui de la relation clients.
L’internet a révolutionné le recrutement, ça n’est un secret pour personne. De quelques candidatures manuscrites (et oui, il y a encore 10 ans on vous demandait une lettre manuscrite (manusse quoi ?) … si, si, ça existait), nous sommes passés à des centaines de candidatures plus ou moins justifiées envoyées par mail.
Avec cette révolution, une foule de site se sont mis à conseiller les candidats sur la meilleure lettre de motivation, le meilleur CV, la meilleure tenue en entretien … De leur côté, certaines entreprises n’ont peut-être pas été suffisamment conseillées sur la manière de gérer les réponses et spécialement les plus nombreuses … les négatives.
Il semble que toutes les entreprises (et moins encore les cabinets) n’aient pas pris conscience qu’un candidat refusé aujourd’hui sera peut-être chassé demain et qu’en tout état de cause, il est, dès maintenant un client potentiel. Imaginez que, entreprise d’agroalimentaire, vous éconduisiez de façon un peu trop cavalière un candidat qui sera demain acheteur dans la grande distribution …
Le refus est donc un élément fondamental de la communication de recrutement, pas toujours pris en considération, loin s’en faut.
Comment dire « non » … les pros et les ours
Une fois n’est pas coutume, commençons par les bonnes nouvelles : les pro du « non », ceux qui savent considérer le candidat. Le Bon Marché, bien que répondant de façon tout à fait classique, se fend d’un courrier postal et personnel. Si ce courrier leur coûte quelques euros, il va de soi que l’investissement est rentabilisé en image (ne serait-ce que par les 10 lecteurs de ce billet ;-). Ce magasin chic parisien n’est pas le seul, mais ils sont (trop) rares, ceux qui se donnent cette peine.
Le mail auto … le faux ami du « non ».
Le mail auto(matique) est évidemment une technique permettant d’allier réponse, rapidité et coûts réduits, cependant, ils sont de plus en plus à en user en abuser pour un résultat pas toujours efficace (je décernerai mon pompon personnel en fin d’article).
Le roi du mail auto est incontestablement Michael Page ! Une candidature génère 3 réponses de leur part (toujours les mêmes évidemment). Quand finalement la réponse (négative) arrive (pas toujours), elle reprend la référence de l’annonce mais pas le libellé … zut, j’ai été refusé au poste MP2345AZ ! Désappointement du candidat … (j’ouvre une parenthèse, si quelqu’un a déjà reçu une réponse positive de ce cabinet, qu’il se fasse connaître ;-).
Mais la légion est composée de la foule des entreprises qui ne répondent pas. A l’heure où l’internet et les robots (lecteurs des candidatures) ont envahi le process de recrutement, j’ai peine à croire que les candidats ne soient pas tous dans un fichier bien rangé qui permettrait en quelques clics de produire une réponse, même laconique à tous les refusés.
Je l’avais promis, le voici … Le pompon est décerné à …. Adensourcing !
Après avoir candidaté par mail, voici la réponse (automatique ça va sans dire) reçue :
Bonjour,
Nous vous remercions de l’intérêt que vous avez porté à notre offre.
Après étude de votre dossier, votre candidature n’a malheureusement pas été retenue.
Nous espérons que vous trouverez rapidement une opportunité qui vous convienne et vous prions d’agréer nos sincères salutations.
L’équipe AdenSourcing
L’objet était le suivant : votre candidature via « adensourcing »
Pour ceux qui ne le sauraient pas, adensourcing est un groupe dans lequel on peut trouver Keljob ou Cadres online … mais à qui ai-je répondu ???
Non seulement vous êtes refusé, mais vous ne savez pas à quel poste, dans quelle société ni quand vous avez postulé, pas la peine d’appeler, il n’y a pas de nom, pas la peine de répondre par mail, c’est un « do not reply » … Quand je vous disais que c’était le pompon !
Le « non » après entretien.
Mesdames et messieurs les recruteurs, si un candidat vous écrit, si vous le convoquez en entretien, qu’il y vient rasé de près (ou habilement maquillée), les chaussures cirées et qu’en plus il est là à l’heure, c’est qu’il est motivé. Si il se concentre pendant 2 heures pour répondre correctement à vos questions, si il n’a pas croisé les jambes ni les bras (parce qu’il a bien lu les conseils) et qu’il est parti en disant « au-revoir et merci », la moindre des choses est de lui passer un petit coup de fil ou de lui envoyer un mail pour lui signifier qu’il n’a pas été pris. Certes, il peut vous appeler, mais là encore, sa légèreté n’excuse pas la vôtre.
Pour finir sur une note positive, permettez-moi ce
petit (et modeste) guide à l’attention des recruteurs
qui répondent parfois « non » à une candidature (ça arrive)
1. Répondez ! Les candidats ont prêtés attention à votre annonce (même anonyme), en ne répondant pas, vous êtes impoli (ne vous étonnez pas que les candidats le soient) et risquez, à terme de perdre un futur collaborateur, un client ou un prescripteur. On me dit souvent « oui, mais vous verriez les candidatures que l’on reçoit, c’est à croire que les candidats ne font aucun effort ». Certes, mais ça n’est certainement pas une raison pour faire de même et pour ne pas répondre à tous les candidats qui ont vraiment fait l’effort de venir vers vous.
2. Personnalisez la réponse : Le minimum du mail auto est de choisir entre « monsieur » et « madame ».
3. Rappelez le libellé du poste : croyez-le ou pas, les candidats ne répondent pas qu’à votre annonce (et oui, vous êtes plusieurs à être tentants), une référence, c’est bien, mais ça n’est pas assez (il n’y a que pour vous qu’elle est claire). En ne précisant pas les choses, votre réponse ne sert tout bonnement à rien et vous risquez d’avoir des appels des candidats les plus motivés cherchant à avoir la réponse (qu’ils ont déjà eu) … résultat, vous faites perdre du temps à votre standardiste et à votre consultant).
4. Si en plus, vous avez défini quelques points clés et rédhibitoires avec votre client ou le service qui recrute qui vous permettront de justifier votre réponse, alors là, tout sera parfait …
Pour conclure, les candidats d’aujourd’hui sont des clients potentiels de demain, chacun comprend aisément qu’on puisse ne pas correspondre à un profil de poste, mais bien plus qu’un refus, c’est la manière de le signifier qui donne de l’entreprise une image ou une autre.
« L’expérience client » doit être intégrée par tous et en toutes circonstances pour préserver et augmenter la clientèle de l’entreprise, en soignant vos réponses négatives, vous vous assurez d’une image positive et, qui sait, d’être recommandée par ceux-là même que vous avez refusés.
Le prix de l’audace ?
J+30, il est temps de faire un bilan d’étape.
Bien que je l’ai déjà écrit, le salon a été une expérience professionnelle et humaine exceptionnelle.
Mais là n’était pas l’objectif et force est de constater qu’à ce jour, celui que je m’étais fixé (trouver un emploi) n’est pas atteint ![]()
Bien entendu, si j’avais passé des entretiens, je pourrais ne m’en prendre qu’à moi et me poser de sérieuses questions sur mes qualités dans cet exercice. Mais il n’en est rien, à ma connaissance (j’aurais pu rater un message sur mon portable), aucune entreprise ne m’a convié à une première rencontre.
Quelles sont les raisons de cet insuccès ?
Est-ce mon âge ?
Est-ce mon parcours multi marché ?
Est-ce la crise qui pousse les entreprises à recruter des « postes » moins que des « personnalités » ?
Est-ce encore une certaine défiance des entreprises à l’égard d’un candidat imaginé comme « dérangeant » ?
Une autre idée ? A vous la parole…
Personnal Branding ou démonstration ?
Suite au « salon pour moi tout seul », nombre d’articles ont été écrits sur ma démarche. Les uns m’en félicitant (Voir le verbatim en home de mon site), les autres la trouvant « too much » ou encore « réellement agaçante ». On ne peut plaire à tout le monde.
Si l’on s’arrête à la surface des choses et à leur médiatisation, on peut ne voir qu’un gugusse qui se met en scène pour le simple plaisir égocentrique de voir sa trombine sur le périphérique parisien. Pas très intéressant.
Si en revanche on essaie d’en faire une analyse pas trop poussée, que voit-on ?
Une réelle opération de communication multicanal. Lire la suite…
Une expérience professionnelle simplement hors du commun !
8 février 2011 … 5000 m2, c’est vraiment très très grand !
Depuis 1 mois, mon équipe et moi travaillions sur ce jour. Les 20 personnes qui m’entourent dans cette aventure (voir la page intervenants) ce sont investis dans une opération qui a dépassé tous nos espoirs. Retour sur un événement qui a un peu fait le buzz. Lire la suite…
Le Train Pour l’Emploi 2011
Pour avoir travaillé sur le Train Pour L’emploi 2010 notamment sur la partie Internet, j’ai sur cet événement, un avis averti. Parfois décrié comme une simple opération de « com’ » (comme on a pu le reprocher à mon opération), je puis vous assurer que pour bon nombre de ses participants, il n’en est rien.
Les équipes (du train et des employeurs) s’investissent à fond dans une opération qui a au moins le mérite de permettre à certains d’être en contact direct avec les employeurs, parfois pour la première fois.
Pour en savoir plus :
le site : www.train-emploi.fr
le compte Facebook
envoi en cours...

